Les maladies

Comme tout autre enfant, votre enfant avec un diabète pourra tomber malade. Cependant, les enfants dont le diabète est bien équilibré sur le plan métabolique n’ont pas plus de maladies ou d’infections que les enfants qui n’ont pas de diabète (1).

Le risque de cétose

La maladie représente comme pour tous les autres enfants une situation de « stress ». Dans ces conditions, l’organisme fabrique des hormones (par exemple : cortisol, adrénaline, glucagon, …) qui vont :

  • Agir sur le foie qui libère ainsi du sucre ;
  • Rendre le corps moins sensible à l’insuline, comme si elle était moins efficace. Pour ces 2 raisons, il existe le plus souvent une situation d’hyperglycémie, et parfois de cétose.

La surveillance de l’acétone, dans les urines ou dans le sang, est donc importante chez votre enfant lorsqu’il est malade. L’acétone est présente ou « positive » lorsque le résultat dépasse 0,5 mmol/l dans le sang ou 1 + dans les urines.

Deux circonstances opposées peuvent favoriser son apparition :

  • Votre enfant ne s’alimente pas assez, parce qu’il vomit ou n’a pas faim :
  • La maladie ou la fièvre a provoqué un déséquilibre glycémique plus important :

La conduite à tenir

L’important est de :

  • Prendre contact avec votre médecin pour traiter la maladie et/ou pour avoir un avis éclairé ;
  • Renforcer la surveillance de la glycémie et de l’acétone (dans le sang ou les urines) ;
  • Veiller à ce que votre enfant boive suffisamment et qu’il accepte régulièrement de petites quantités de glucides pour prévenir l’hypoglycémie ;
  • Continuer à faire l’insuline en l’ajustant, mais sans jamais l’interrompre !

Deux principes peuvent être appliqués :

Adapter l’alimentation

Lorsque votre enfant est malade, il peut ne pas être en mesure d’accepter son repas habituel et peut facilement vomir. Il a, néanmoins, besoin d’énergie qu’il faudra lui proposer toutes les heures en petites quantités. Les sucres seront choisis en fonction de leur facilité de prise et de leur tolérance, en privilégiant des sucres facilement assimilables tels que : compote, yaourt sucré ou à boire, soda (type cola) sans bulles.

Adapter l’insuline (1)

En cas de maladie aigüe, l’objectif glycémique est plus large et l’on admet généralement une glycémie entre 0,7 g/l (70 mg/dl) et 2,50 g/l (250 mg/dl). En revanche, les glycémies devront être faites plus fréquemment avec la recherche d’acétone systématiquement si la glycémie est supérieure à 250 mg/dl.

  • Si la glycémie est élevée et sans acétone ou peu d’acétone (trace dans les urines ou inférieure à 0,6 mmol/l dans le sang) :
    • Faites l’injection d’insuline en l’adaptant, comme d’habitude, selon la glycémie et la prise alimentaire.
  • Si la glycémie est élevée (supérieure à 2,50 g/l ou 250 mg/dl,) avec acétone (au moins 1 + dans les urines ou supérieure à 0,6 mmol/l dans le sang) :
    • Faites une dose corrective supplémentaire en insuline rapide selon la règle suivante : 1/10e de la dose journalière (= dose totale de la journée précédente = somme des doses d’insulines rapides et des doses d’insuline lentes divisée par 10).
    • OU
    • 1/10e du poids de votre enfant (exemple : si le poids est de 15 kg, faire 1,5 unités).

Ce supplément d'insuline est à faire à tout moment de la journée, lorsque c'est l'heure habituelle d'une prise alimentaire. Il faut l'ajouter à la dose d'insuline du repas. Liens utiles

  • Si la glycémie est plus basse (inférieure à 2,50 g/l ou 250 mg/dl) avec acétone (trace ou 1 +) :
    • Donnez de petites quantités de glucides rapides, répétées toutes les heures. Adaptez l’insuline en la diminuant. Mais ne l’arrêtez en aucun cas ! Si votre enfant se met à vomir (ou continue à vomir), appelez votre médecin traitant ou l’équipe médicale. Ne pas hésiter à venir aux urgences de l’hôpital. Dans ces situations, l’enfant sera souvent perfusé et l’insuline faite régulièrement.

Quand consulter et/ou appeler l'équipe médicale ?

Vous devez consulter l’équipe du service de diabétologie si :

  • Votre enfant refuse totalement de boire ou de manger ou qu’il est incapable de tolérer l’alimentation et a fortiori en hypoglycémie ;
  • Votre enfant vomit alors qu’il est en hyperglycémie avec une acétonémie importante ;
  • Vous avez le moindre doute ou si vous avez besoin d’être rassuré par l’avis d’un professionnel de santé.

Questions fréquentes

  • Mon enfant a de la fièvre ou de la toux, que puis‐je lui donner ?

    Donnez-lui du paracétamol, comme pour tout enfant, en privilégiant les formes sans sucre (sirop ou poudre soluble avec édulcorants, gélule pour les plus grands).

    Tous les autres médicaments, lorsqu’ils sont prescrits par le médecin, peuvent être pris. Veillez à privilégier autant que possible les formes sans sucre.

  • Il est allergique/asthmatique, est‐ce que le diabète peut avoir un effet ? Est‐ce que je peux lui faire ses vaccins ? Est-ce que je peux lui donner des granules d’homéopathie ? Elle prend la pilule, est-ce compatible ?

    Un seul type de médicament est à éviter car il risque d’entraîner de fortes hyperglycémies : les corticoïdes. Si ce traitement doit être pris (pour cause d’allergie ou d’asthme important par exemple), il faudra adapter rapidement les doses d’insuline. Demandez conseil à votre médecin !

  • Il n’a plus d’appétit, que faire ?

    Adaptez les doses d’insuline, et ne pas faire celle du repas qu’il ne prend pas.

  • Il doit rester à jeun, que faire ?

    Le jeûne en cas de chirurgie par exemple, est toujours possible. Il faudra l’organiser avec le médecin et l’anesthésiste.

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(1) Guide ISPAD 2011.

 

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