Alimentation
(Au quotidien, à la maison et à l’extérieur)

Équilibre alimentaire ou régime ?

Un enfant avec un diabète devrait avoir une alimentation normale, identique à celle des enfants sans diabète : aucun aliment n’est interdit. Il est important pour tous que l’alimentation soit équilibrée pour grandir correctement et garder un bon état de santé.

Cet équilibre alimentaire est conseillé à tous, il n’est donc pas nécessaire de faire des menus à part.

L’alimentation se compose de « nutriments principaux » : les glucides, les protéines et les lipides.

Les sucres, appelés glucides, sont la source principale d’énergie du corps. Ils sont simples ou complexes, c'est-à-dire composés de longues molécules de glucose. Ils représentent la moitié de nos apports caloriques journaliers. C’est l’insuline qui permet de faire entrer le glucose dans les cellules, notamment celles du foie et des muscles et de transformer le glucose en énergie. Lorsque l’enfant avec un diabète consomme des glucides, il doit apporter l’insuline pour pouvoir les utiliser comme énergie. Il est donc important de repérer les aliments contenant des glucides et de les quantifier pour adapter le traitement par insuline. Liens utiles

La diététicienne vous apprendra, ainsi qu’à votre enfant, en fonction de son âge, à repérer les aliments contenant des glucides et à les quantifier.

L’insuline ne fait pas grossir et les enfants avec un diabète ne sont pas plus à risque de prendre du poids que les autres enfants.

Une perte de poids est quasiment toujours observée au début de la maladie. Celui-ci sera rapidement repris avec une augmentation de l’appétit observée les premières semaines. En effet, le corps reconstitue ses réserves en matières grasses et en muscles qui ont été utilisés à cause du manque d’insuline. Après cette phase, l’appétit et le poids se stabilisent.

L'alimentation de votre enfant ayant un diabète est-elle différente de celle de sa fratrie et de la votre ?

L’alimentation de votre enfant convient à toute la famille, parents et fratrie avec des quantités adaptées à l’appétit et à l’âge de chacun. Vos habitudes alimentaires, si elles sont équilibrées, sont à conserver. Elles permettent le maintien d’une bonne santé pour toute la famille. L’équipe de soins est là pour vous aider à modifier ou adapter votre alimentation si besoin, et adapter le traitement par insuline à votre rythme de vie.

Lors du retour à la maison, les conditions du repas sont importantes que se soit à la maison, chez des amis ou lors de repas pris à l'extérieur. Prennez le temps d'un repas dans le calme, en partageant le même menu et profiter ainsi de ce moment d'échanges et de convivialité, alliant plaisir et équilibre.

Le goûter n’est pas indispensable, mais c’est une solide habitude culturelle pour les petits ou les grands enfants !

Il est adapté s’il reste léger et consommé pas trop tardivement dans l’après‐midi, pour ne pas couper l’appétit du repas du soir.

Il est conseillé de prévoir un aliment de chaque groupe alimentaire aux repas principaux :

  • Produit laitier ;
  • Viande, poisson ou œuf ;
  • Féculent ou produit céréalier ;
  • Légume ;
  • Fruit ;
  • Matière grasse ;
  • Eau.

Appétit variable : comment adapter ?

Au début du diabète, l’équipe soignante propose le plus souvent à votre enfant, en fonction de son âge, de son poids, et de sa taille, une alimentation avec une consommation fixe de glucides à chaque repas : c'est‐à‐dire que la quantité de glucides reste la même pour le même repas d’un jour sur l’autre.

Cette méthode simplifie le choix de la dose d’insuline pour le repas ; l’alimentation étant fixe, seule la valeur de la glycémie (ou la prévision d’une activité sportive) module la dose d’insuline prédéfinie par votre protocole.

Au fil du temps, il est important d’ajouter de la souplesse, en proposant de varier les quantités de glucides et les doses d’insuline en fonction des circonstances (par exemple lors de fêtes).
Par exemple, si votre enfant est petit, il est parfois difficile de le forcer à finir son assiette lorsqu’il n’a plus faim ou au contraire de le restreindre s’il a encore faim. Pour un adolescent, le rythme de vie peut changer entre les jours de semaine, le week-end, les vacances scolaires et la quantité de glucides peut varier également entre les repas pris à la maison, ou à l’extérieur.
Il est alors possible de modifier l’apport en glucides d’un repas en ajoutant ou en diminuant la dose d’insuline rapide par rapport au repas habituel : cet ajustement est à discuter et à calculer avec votre équipe soignante.

Par la suite, l’équipe soignante pourra vous proposer de calculer la dose précise d’insuline du repas à partir du « ratio d’insuline » dans le cadre de l’insulinothérapie fonctionnelle (IF).

Repas sans glucides

Les glucides apportent l’énergie dont nous avons besoin au quotidien. Naturellement, les repas sans glucides sont extrêmement rares, nous consommons toujours au moins un dessert, un fruit, un féculent, ou un morceau de pain.

Occasionnellement, la prise d’un repas sans glucides est possible et sans impact sur la santé de votre enfant à condition qu’une activité physique ne soit pas prévue dans les heures qui suivent.

Par exemple : jambon blanc/salade verte ou salade de tomate/féta avec un steak, des haricots verts sautés et un fromage blanc en faisselle.

Attention : quand le repas ne contient pas de glucides, il ne faut pas faire l’injection d’insuline rapide (bolus) avant ce repas.

Les féculents sont-ils obligatoires à chaque repas ?

Les féculents ne sont pas obligatoires à chaque repas !

  • En cas de traitement par insuline avec un schéma d’alimentation fixe : les féculents peuvent être remplacés par du pain ou un autre produit céréalier. Il est important de connaître les équivalences glucidiques afin de savoir la quantité de pain à consommer pour remplacer les féculents non consommés ;
  • En cas de traitement par insuline avec un schéma IF : ajuster la dose d’insuline rapide qui correspond aux glucides réellement consommés par votre enfant. Attention à bien adapter son insuline rapide lors de repas avec pas ou peu de glucides.

Mon enfant ne veut pas manger/ou ne veut pas tout manger alors qu’il a fait son injection ou son bolus ?

Le risque est l’hypoglycémie.

  • Si seulement une faible quantité de glucides du repas n’a pas été consommée : une simple vigilance des signes annonciateurs d’une hypoglycémie est nécessaire +/- un traitement de l’hypoglycémie si nécessaire pendant la durée d’action de l’insuline rapide (environ 3 à 4h).
  • Si une grande partie des glucides n’a pas été consommée, il est important de prévoir un complément glucidique sous forme de sucre, de dessert sucré, de gâteaux, de boisson sucrée, ... une source de glucides équivalente pour éviter une hypoglycémie.

Grignotages/Collation

  • S’il n’est pas prévu d’injection d’insuline l’après-midi, une collation non ou peu glucidique peut être proposée, par exemple : un verre de lait, un fruit, un chocolat chaud sans sucre, une boisson type thé ou tisane fruitée sans sucre (selon l’âge) ;
  • Une collation glucidique peut être proposée associée à une injection d’insuline au moment du goûter.

Mon enfant a consommé des glucides en cachette, que faire ?

Il est important d’en reparler avec votre enfant, calmement, en famille ou avec l’équipe de soins, si vous en ressentez le besoin, pour comprendre pourquoi votre enfant l’a fait.

  • Il a essayé de faire une expérience pour voir ce qui allait se passer et si les parents-soignants allaient s’en rendre compte ;
  • C’était une erreur, il ne savait pas que tel aliment contenait des glucides ;
  • Il a été soumis à une tentation trop forte, une frustration ou un manque, il a voulu faire comme les copains.

Il est important de discuter et de comprendre les ressentis de votre enfant face à la maladie.

Les édulcorants Liens utiles

Nous avons un recul de 30 ans de consommation sur les édulcorants. Les messages des instances de santé EFSA, FDA, ANSES sont rassurants.

Un édulcorant est une substance qui procure une saveur sucrée. Les édulcorants intenses sont, par exemple :

  • Aspartam (E551) ;
  • Acésulfame K (E950) ;
  • Sucralose (E955) ;
  • Stévia/rébaudoside A (E960).

La réglementation française a établi une Dose Journalière Admissible de consommation (DJA). La DJA est la quantité journalière d’édulcorant pouvant être consommée pendant toute la vie, sans risque. En voici quelques exemples :

  • 120 comprimés d’aspartam par jour ;
  • ou 240 cuillères à café de poudre d’édulcorant par jour ;
  • ou 30 canettes de sodas light par jour ;
  • ou 192 yaourts light par jour.

On peut voir qu’il s’agit de quantités très importantes, il n’est donc pas inquiétant d’en consommer de façon modérée. En revanche, la modération doit être respectée afin de ne pas entretenir une appétence exagérée pour le goût sucré.

Les polyols (sorbitol, maltitol, isomalt, mannitol, lactitol, xylitol) ont un effet modéré sur l’élévation de la glycémie.

Les boissons

Seule l’eau est indispensable à la santé. Les boissons glucidiques n’ont pas d’intérêt nutritionnel, elles sont souvent prises au cours de soirées ou d’après‐midi festives. Il est important qu’elles restent occasionnelles. Voici les exemples d’apports en glucides de quelques boissons sucrées :

  • Sodas sucrés : 10 % de glucides (= 10 g de glucides pour 100 ml) ;
  • Jus de fruit : 10 % de glucides ;
  • Eau aromatisée : lire les étiquettes entre 0 et 10 % de glucides ;
  • Boissons light ou zéro (à base d’édulcorant intense naturel ou de synthèse) : aucun glucide ;
  • Thé, infusion, café, chicoré : aucun glucide.

L’alcool

Comme pour tout le monde, la consommation d’alcool doit être modérée. S’il est consommé, le risque important est l’hypoglycémie. Attention les signes cliniques ressentis habituellement en cas d’hypoglycémie peuvent être masqués dû au fait de l’alcoolisation et être source d’un malaise hypoglycémique avec perte de conscience. Il est donc indispensable de :

  • Ne pas consommer d’alcool à jeun ;
  • Ne pas compter les glucides apportés par l’alcool ;
  • Rappeler à un ou plusieurs amis qu’il a un diabète et qu’il est important de prévenir les secours en cas d’altération de la conscience ;
  • Manger à la maison en ayant fait l’injection d’insuline avant de sortir s’il sait qu’un vrai repas n’est pas prévu lors de la soirée ;
  • Diminuer l’insuline rapide si une activité physique est prévue (lasergame, danse, …) ;
  • Associer une boisson sucrée avec un alcool fort ;
  • Contrôler la glycémie régulièrement lors de la soirée puis au retour à la maison et en particulier au coucher ;
  • Ne pas refaire d’insuline au coucher si la glycémie est légèrement haute.

Lecture des étiquettes/Composition des aliments Lien utiles

Les étiquettes des emballages alimentaires indiquent :

  • La liste des ingrédients : il est intéressant de choisir les produits dont la liste d’ingrédients commence par « farine » ou par « amidon » car ils sont plus riches en sucres lents que ceux dont la liste commence par « sucre » ou « gel de glucose » … ;
  • La valeur nutritionnelle de l’aliment (énergie, protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux) ;
  • Le poids ou le pourcentage des nutriments (glucides en particulier) le plus souvent pour 100 grammes de produit, ou par part (par exemple : un biscuit) ;
  • Pour les glucides, il est généralement écrit « Glucides, dont sucres ». « Dont sucres » correspond à la quantité de sucre simple. C’est la quantité de glucides importante à retenir.

Goûter d’anniversaire

  • Si c’est possible, le plus adapté est de faire une injection d’insuline tenant compte du nombre de glucides consommés.
  • S’il n’est pas possible de faire une injection au moment du goûter (par exemple, pas de matériel car goûter imprévu) : le plus adapté est que l’enfant mange normalement, sans excès et qu’une injection de correction soit faite au retour à la maison, au moment du dîner. Les jeux et les activités limiteront sans doute la montée de la glycémie.

Repas prolongé

  • Faire la glycémie avant l’apéritif. Si possible, choisir un apéritif apportant peu de glucides ;
  • Prévoir une première injection d’insuline rapide (une partie de la dose du repas) au moment de l’apport de glucides du repas : plat chaud le plus souvent ;
  • Puis prévoir une seconde injection d’insuline rapide au moment du dessert souvent une à deux heures plus tard.

Fast food

Un étiquetage, sur les frites, hamburgers et desserts, permet de connaître précisément la composition de chaque plat choisi.

Pour les repas pris à la crèche, chez l’assistante maternelle, à la cantine, au centre aéré, … les consignes concernant l’alimentation sont notées dans le PAI, de même que le nom des personnes référentes.

Voir Au quotidien > Confier son enfant.

Le plus facile est de demander les menus à l’avance.

Proposer de mettre une balance à disposition des personnels de la cantine afin de compter les glucides de manière plus précise, au début de la prise en charge, le temps que la ou les personnes référentes de la cantine s’habitue(nt) aux quantités.

Donner des consignes écrites des quantités d’aliments, en précisant par exemple, le nombre de cuillères.

  • 1 cuillère à soupe de féculent = 5 g de glucides ;
  • 1 tranche de pain = 10 g de glucides ;
  • 1 dessert sucré = 20 g de glucides.

Il est possible de demander à voir les ustensiles utilisés pour quantifier le contenu de la cuillère de cantine.

Comptage de glucides/Équivalences/Outils (balance, œil, louche)

L’évolution de la quantité de glucides des aliments et des repas nécessitent de connaître les « équivalences glucidiques » entre aliments. Celles-ci se déterminent de différentes façons :

  • Avec l’aide de la balance, dans un premier, temps pour calibrer son œil ;
  • À l’œil : remplissage de l’assiette, taille du pain, … ;
  • Avec les cuillères (petites, à soupe, …) ;
  • Avec un couvert : un verre « étalon », un bol, … ;
  • En consultant différents guides et sites internet sur les équivalences glucidiques ;
  • Demander conseil à votre diététicienne.

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